La due diligence financière dans un processus d'investissement est rigoureuse. Les auditeurs vérifient les comptes, les avocats analysent les contrats, les équipes commerciales valident le marché. Ce que personne ne vérifie systématiquement, c'est ce qui se trouve autour du deal - les personnes plutôt que les chiffres.

C'est dans cet angle mort que se nichent la plupart des problèmes qui remontent au niveau du board après le closing.

Le fondateur : ce que le pitch deck ne montre pas

Un fondateur présente son parcours dans un pitch deck. Il mentionne ses expériences passées, ses réussites, ses sorties. Ce qu'il ne mentionne pas - parce que personne ne lui demande de le faire de manière indépendante - c'est la société dissoute avant celle-ci, le contentieux avec un associé précédent, la liquidation passée sous silence, ou les prises de position publiques qui contredisent les valeurs affichées de la startup.

Ces éléments ne sont pas nécessairement rédhibitoires. Mais ils méritent d'être connus avant le closing, pas après. Un fondateur avec un échec passé bien documenté et assumé est une chose. Un fondateur qui a omis de le mentionner en est une autre - et ça dit quelque chose sur la qualité de la relation de confiance qu'on est en train de construire.

Le co-investisseur : la structure derrière la structure

Dans les tours de financement, les co-investisseurs arrivent souvent via recommandation ou introduction. Leur notoriété dans l'écosystème suffit généralement à valider leur présence dans le cap table sans que personne ne regarde de plus près.

Or la structure derrière un co-investisseur - le family office qui porte le ticket, l'entité intermédiaire qui canalise les fonds, les bénéficiaires effectifs réels - peut créer des expositions que l'investisseur lead n'avait pas anticipées. Un bénéficiaire effectif PPE non déclaré. Une juridiction de détention sous surveillance réglementaire. Un lien indirect avec un acteur controversé qui crée un risque réputationnel lors d'une sortie IPO ou d'un audit LP.

Ces éléments ne se trouvent pas dans les documents que le co-investisseur fournit. Ils apparaissent dans le croisement de sources ouvertes : registres multi-juridictions, bases de données internationales, archives de presse.

Les partenaires commerciaux clés : le risque post-closing

La troisième catégorie est celle qui surprend le plus : les partenaires commerciaux des sociétés en portefeuille. Un client qui représente 40% du ARR. Un fournisseur dont dépend la production. Un accord de distribution exclusif signé six mois avant le closing.

Si ce partenaire présente des fragilités - licence suspendue, dirigeant avec un historique problématique, dépendance à une structure offshore peu transparente - c'est le portefeuille qui en supporte les conséquences après l'investissement. Et ce sont des éléments que la due diligence financière standard ne couvre pas, parce qu'elle s'arrête à la société cible, pas à son écosystème commercial.

Avant et après le closing : deux moments distincts

Chez YMV & Co., nous intervenons à deux moments du cycle d'investissement. Avant le closing, en complément de la due diligence financière et juridique, pour vérifier les personnes clés - fondateurs, co-investisseurs, dirigeants opérationnels - et les relations commerciales critiques. Après le closing, pour les nouvelles recrues, les partenariats significatifs et les co-investisseurs qui entrent dans des tours ultérieurs.

Le livrable est un rapport Go / No-Go / À surveiller, structuré et sourcé, conçu pour être défendable au niveau du board et de l'AIFM si une décision est un jour questionnée.